vendredi 7 septembre 2012

Les Voisins du Chaos, Tome 2, Episode 7


Petite note de blog express pour signaler la sortie du nouvel épisode des Voisins du Chaos.


J'ai été très absent ces derniers jours car je participe à un programme test de téléportation qui n'a pas très bien marché. Pour le premier essais j'étais censé me téléporter de mon salon à chez mon esthéticienne (oui je prend soins de moi), mais ça n'a pas très bien marché et je me suis retrouvé à Petrodsavosk en Russie. Autant vous dire que ça fait une trotte pour revenir à pied, je n'avais pas ma carte de transport sur moi et les russes ne sont pas vraiment adeptes du covoiturage.

Bref hormis cette énorme perte de temps dans les hautes steppe de Russie, je travaille également sur plein de choses à la fois, j'espère pouvoir poster le prochain chapitre avec moins de délais que celui ci, mais rien n'est garanti vu ma surcharge de travail et ma pratique quotidienne du Ju-jitsu équestre.

jeudi 30 août 2012

Pelouse interdite et génèse d'une BD


Quand la fin des vacances d'été approche, je fais souvent le rêve/cauchemar d'une nouvelle rentrée des classes, mais toujours dans une section où je ne devrais pas être. Par exemple CE1 jonglage ou BTS science des organiques comptables.
Cette année j'ai carrément cauchemardé des courses de rentrée des classes. Je me voyais enfiler un joli cartable Buzz l'éclair et acheter un agenda avec de banales images de kitesurf. C'était très déroutant, surtout que je n'ai jamais noté un seul devoir de ma vie.
Quand j'étais au lycée le contenu de mon sac se résumait à juste un petit tas de papiers froissées et une règle en métal que j'utilisais des fois pour scier des bouts de tables
Autant vous dire que ma présence en salle de classe était aussi utile qu'un chapeau sur la tête d'un labrador. Je me demande donc pourquoi mes rêves s'acharnent à essayer de me faire passer pour un bon élève.

Bref, assez parlé de mon subconscient. Parlons plutôt des Voisins du Chaos. La petite illustration du jour est extraite du prochain chapitre qui arrive la semaine prochaine.

On me demande souvent depuis combien de temps je bosse sur les Voisins du Chaos. Cela fait un peu plus de deux ans que je travaille sur les pages que vous pouvez lire sur le site. Mais l'histoire en elle même m'a prise environ six ans à écrire avant d'avoir un scénario solide et cohérent. Avant d'arriver à l'histoire actuelle, je suis d'abord passé par deux précédentes versions "test" de cette BD pour tester mon niveau en dessin à améliorer mon scénario.
Je n'aime pas vraiment ressortir mes vieux dessins car il me piquent les yeux comme du liquide vaisselle, mais voici en exemples trois pages de l'une des premières version de ma BD :


Vous pourrez constater les différences avec l'intro actuelle des Voisins du Chaos : initialement, les personnages était un peu plus jeunes, l'action était située lors de la rentrée des classes, Evia avait les cheveux bleus, et je dessinais vraiment n'importe comment. Quoique je dessine toujours n'importe comment : je ne sais toujours pas représenter un cheval robot en contre plongée.
J'ai rapidement stoppé cette version test de ma BD pour plusieurs raisons : l'introduction ne me convenait pas, les designs des personnages étaient à revoir et mon faible niveau en dessin bridait les possibilités de narration.

J'ai alors entièrement réécrit le scénario afin de le consolider au maximum, de fusionner des personnages
et de reconstruire l'univers.
Après avoir fait quelques efforts sur ma maitrise du dessin et du découpage, j'ai commencé une nouvelle version test de ma BD où je m'étais donné comme challenge de tester un style graphique différent par page afin de choisir celui qui me convenait le mieux dans le rendu et la pratique.
J’expérimentais donc sur chaque page une nouvelle technique de dessin et de graphisme, le rendu des pages était alors éclectique mais j'y soignait mon découpage afin de m'en resservir pour la version finale.
Voici donc des exemples des pages expérimentales en question :


Ces pages sont à comparer avec le chapitre 4 des Voisins du Chaos. Vous pourrez y constater peu de changements narratifs, mais une véritable différence sur le style et le traitement des couleurs. J'ai testé différentes méthodes de dessins sur une trentaine de pages. Après avoir fait le tour de cet exercice et obtenu la confiance en ma pratique du dessin, j'ai donc démarré la version finale des Voisins du Chaos présente sur le site.

Même si j'ai consacré énormément de temps à dessiner de nombreuses pages destinées à n'être que des expérimentations, je ne regrette pas de l'avoir fait. Ça m'a donné l'occasion de revoir mes personnages, de me débarrasser des influences graphiques trop naïves, de confirmer la solidité de mon univers, de détecter mes limites dans la pratiques de la BD et donc de les améliorer.
Encore maintenant il a des petites choses que je serais tenté de changer sur les pages actuelles, mais savoir s’arrêter dans les modifications et accepter l'évolution son style fait partie de l'expérience d'un auteur.
Je reviendrais peut être sur les autres partie de la genèse de cette BD dans de future notes de blog.

En espérant vous avoir fourni une lecture instructive en attendant le prochain épisode des Voisin du Chaos.

(Les réponses du quizz sur les Memes internet de la précédentes note seront divulgués dans la prochaine note qui arrive ce week-end en théorie)

mercredi 15 août 2012

Petit jeu : mon Top 10 des mèmes internet


Bonsoir, nous sommes le 15 Aout et il est probable que vous soyez en congé, sauf si vous venez d'une autre époque via un portail ou une machine temporelle.  D'ailleurs, je me suis toujours posé la question : si je suis salarié un lundi et qu'on m’envoie en mission dans le passé ou le futur lors d'un jour férié, dois-je continuer ma mission même si le jour où je suis expédié est férié ?
J'ai posé la question par courrier au CNES mais ils m'ont dit de poser la question à mon délégué syndical. Hors je suis freelance, je n'ai pas de syndicat. Paradoxe scientifique !

Oui bref, comme je l'ai expliqué précédemment, le prochain chapitre des Voisins du Chaos est prévu pour la rentrée, en attendant, je vous propose un petit jeu illustré. J'ai dessiné mon top 10 de mes "mèmes internet" préférés. Le premier qui me trouvera le nom des 10 mèmes en question gagnera un petit cadeau par la poste (sauf si le gagnant en a déjà reçu un lors de mes précédents quizz sur twitter).
Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est un mème, je vous invite à faire un tour sur la page wikipédia sur le sujet !

J'ai également mis à jours mon microblog destiné au meilleurs clips musicaux et visuels que l'on trouve sur internet : http://goodclip.tumblr.com/

mercredi 1 août 2012

Tutoriel vidéo d'une page de BD



Voici une vidéo sur toutes les étapes de création par lesquelles je passe pour réaliser ma BD "Les Voisins du Chaos". Le tout avec de la bonne musique, j'espère que vous en apprécierez le visionnage, j'ai passé pas mal de temps sur le montage et les effets. N'hésitez pas à faire circuler la vidéo via cette adresse.

Certains s'étonnent d'ailleurs de me voir mettre les mains avec facilité dans les logiciels vidéos, mais c'est avant tout ma profession première. Ça et le ramonage des cheminées du centre ville toulousain. Hé oui il faut bien que j'arrondisse mes fins de mois pour pouvoir continuer à nourrir le petit singe mutant que j'ai à charge suite à une méprise avec le Zoo de Tchernobyl.

Le prochain chapitre des Voisins du Chaos prendra un peu son temps pour arriver pour plusieurs raison :
- Il a un peu plus de pages que d'habitude
- Il fait chaud à Toulouse et je ne suis pas en vacance
- J'ai pas mal de boulot à coté et j'ai plein de courrier en retard
- Le singe mutant m'a mordu au pied
- Financièrement, ma BD commence gravement à pencher en ma défaveur

Par contre les prochaines notes de blogs arrivent très bientôt !

vendredi 20 juillet 2012

Les Voisins du Chaos, Tome 2, Episode 6


Chers lecteurs, bonsoir !
Le sixième épisode des Voisins du Chaos est enfin disponible, un épisode comprenant une scène d'action en BMX qui m'aura donné bien du mal à réaliser. J'espère que vous en apprécierez la lecture.

Certains remarquerons que j'ai ajouté un bouton de donation (via Paypal) sur le site. Je m'explique :

Les Voisins du Chaos a pour vocation d’être un BD gratuite et accessible à tous sur le net. J'ai décidé de me passer d'éditeur afin de ne pas en limiter la diffusion gratuite sur internet, car en tant qu'auteur, j'estime avoir le droit de laisser mes lecteurs libres de lire ma BD dans son intégralité. Si je passes autant de temps sur ma BD, ce n'est pas pour en restreindre l'accès à seulement 2 ou 3 milliers d'exemplaires qui risquent de se retrouver noyés sous un flots d'autres album dans la même situation.
Gagner de quoi vivre avec ma BD serait la situation idéale, mais si j'écris une histoire, c'est pour qu'elle soit lue et non réservée à un certain nombre d'exemplaires. Ne voyez pas forcement de la philanthropie acharnée dans mon raisonnement, mais plutôt l'envie de partager mon travail et mon univers.

Mais malgré le fait que j’offre l’accès libre à toutes les pages des Voisins du Chaos, le site est une véritable charge financière pour moi. Jusqu'à présent, je finançais ma BD tout seul comme un grand, avec un site sans pub et sans contraintes éditoriales. Mais mes ressources s'épuisent et ce projet commence à me coûter très cher en temps en argent.
Les Voisins du Chaos représente un investissement de temps et d'argent incalculable pour moi. Je travaille sur mes pages entre 6 et 9 heures par jours selon mon planning de mon activité d'illustrateur freelance. Le fait de ne pas être à temps plein sur la BD m'oblige à venir travailler le week end à l'atelier pour rester dans le rythme minimum d'un épisode toute les deux semaines. Sans compter que je paye un développeur pour mon site et des assistants quand j'en ai les moyens.
Et contrairement à la légende je ne me nourris pas que d'acariens et d'eau de la Garonne :)

Les dons m’aideront donc en priorité à rembourser les coûts inhérents au développement du site et à la réalisation de la BD : payer ce que je dois à mon développeur, les facture du serveur, le loyer de mon bureau et les charges matérielles. L’aide supplémentaire, si mes premières charges sont remboursées, me permettra de faire appel à des assistants afin d’accélérer la réalisation des pages et de fournir des épisodes plus rapidement.
Si vous souhaitez encourager les Voisins du Chaos, et donc mon travail, vous pouvez faire une donation via Paypal à cette adresse :



Mais avec ou sans dons, j'espère que vous continuerez d'apprécier ma BD !
Bonne lecture de l'épisode 6 du deuxième tome.
Tohad

mercredi 11 juillet 2012

TOP 4 des échanges éditoriaux absurdes

Les personnes de mon entourage me posent souvent les deux questions suivantes : "Tu as trouvé un éditeur pour ta BD ?" et "C'est quoi cette chose dans le bac à légume de ton frigo ?".
A la deuxième question, je répond à chaque fois en plissant les yeux : "Hooo, c'est longue histoire liée au mythe de Chtulu".
Quand à la première question, concernant mes rapports avec les éditeurs de bande dessinée, je réponds par des grommellements inaudibles car je suis immédiatement fatigué à l'idée de raconter les INCROYABLES AVENTURES dans lesquelles les éditeurs de Bande Dessinée ont essayé de m'embarquer.

Après le TOP 6 des demandes les plus absurdes, il est donc désormais temps pour moi de vous faire part de mon rapport à l'édition par le biais d'un Top 4 des échanges d'éditeurs les plus surréalistes.
Je rappelle que le top présenté ci dessous correspond aux PIRES échanges, donc n'extrapolez pas forcement ces extraits à l'ensemble de la profession. Même si les échanges suivants sont authentiques, ne comptez pas sur moi pour donner des noms, je me suis déjà suffisamment pris la tête avec les protagonistes qui suivent pour ne pas avoir envie de repartir sur un nouveau tour de manège de polémique stérile. C'est donc parti pour...

Le TOP 4 des échanges éditoriaux absurdes :

Numéro 4 : L'expert

Extrait de réponse d'un éditeur auquel j'avais envoyé un mail de contact :

"[...] J’ai vu ton projet, dont les qualités graphiques sont réelles. Je ne suis pas fou du manga, mais bon, c’est une question de goût et je demande l’avis de personnes qui s’y connaissent mieux que moi.[...]
Si ce n’est pas indiscret, quelles maisons d’édition t’ont proposé un contrat et quelles étaient les conditions financières?"

Ma BD, un manga ? What ? Hmmm il semble que mon interlocuteur soit un expert... " je demande l’avis de personnes qui s’y connaissent mieux que moi" Qui ? Le serveur du MacDo d'a coté ? Ha pardon je ne suis pas chez un éditeur ?
Trop expert pour moi. Bref passons, chacun son interprétation de mon style.

C'est la dernière phrase du mail en question qui est comique :
"Si ce n’est pas indiscret, quelles maisons d’édition t’ont proposé un contrat et quelles étaient les conditions financières?"
En l'espace de quelque mots il me prend pour un âne en essayant de me manipuler pour savoir ce qui se fait chez la concurrence. Je sais que mon joli petit minois d'éphèbe me donne une allure juvénile, mais je ne pensais pas passer pour un naïf enfant de douze prêt à tomber dans le premier piège grossier de manipulation mentale. Je l'imagine bien jouer au poker avec des stratégies du genre "si ce n'est pas indiscret, pourrais-tu me dire quelles cartes tu as en mains ?"

Mais par souci d’honnêteté, je dois préciser que le reste du mail était poli et attentionné.

Numéro 3 : L'industriel

Retranscription de mémoire d'un échange téléphonique avec un éditeur qui m'a téléphoné après avoir vu ma BD sur internet :

[...] Dring dring Blablabla protocole de courtoisie, ect[...]
Éditeur : [...] et puis comme vous travaillez en numérique, ce sera facile de collaborer. D'ailleurs j'aime beaucoup votre style visuel !
Moi : Ha merci, content que ça plaise, l'histoire vous plait aussi ?
Editeur : Je vais être honnête, je ne me suis pas intéressé à l'histoire, mais visuellement c'est tout à fait publiable !"
Moi : ...
[...]

Voici ma réaction suite à cet échange :

Ben oui ! Allons-y ! Publions tout ce qu'on trouve du moment que ça ressemble plus ou moins à de la BD ! On a qu'à publier des gaufres colorés, ça ressemble à des pages de BD. On a rien à perdre de toute façon, on file pas d'avance sur droit, et puis l'objectif c'est de grossir le catalogue pour se le faire racheter par un plus gros éditeur.
J'aurais du lui envoyer une jolie BD kawaï qui parle de nécrophiles nazis partouzeurs violeurs d'espèce animales en voies de disparitions de moins de douze ans. Il aurait sans doute trouvé ça "tout à fait publiable avec un style coloré.

Numéro 2 : Les bras cassés

Là on aborde enfin les anecdotes épiques.
Il y a quelque temps, un site de publication en ligne de BD m'avait laissé un message sur l'un de mes blogs pour me proposer de m'inscrire sur leur plateforme. Le système se devait d'être un peu comme la chouette plateforme webcomics, mais sous la forme d'un éditeur de BD.

Mais j’eus quelques réserves à l'inscription sur le site pour le tester : pas de conditions d'utilisation, une interface qui tutoie l'utilisateur comme un animateur radio attardé et un système de lecture particulièrement agaçant.
En effet, j'avais beau envoyer mes pages dans une résolution identique à celle de mon site, les images étaient automatiquement réduites. Les lecteurs se plaignaient de ne pas pouvoir lire les texte de ma BD à cause de la trop basse définition, je les encourageait alors à lire mes pages sur un autre site en attendant de régler le problème. Ce qui me valu immédiatement des réflexions très capricieuses du "proprio" mégalo du site en question.
En essayant de comprendre ce qui ne va pas avec l'affichage des pages, et en forçant l'affichage intégrale de mes pages sur mon navigateur, je me rends compte que le site colle sur MES planches un énorme copyright au nom des auteurs du site. Alors 1, c'est illégale, 2, on est pas aux USA, le copyright n'a rien à foutre là.

Choqué, je demande des explications par mails aux responsables.
J'obtiens une réponse où le ne me donne aucune justification pour le copyright (illégal) posé sur MES pages, par contre on m'explique que si je veux afficher mes pages dans un format plus grand, il faut que j’envoie la version haute définition (comprenez version imprimable), mais que seuls les lecteurs qui payent un abonnement "premium" pourront les visualiser.
Donc pour résumer, les mecs font payer à des lecteurs un contenu fournit gratuitement par des auteurs. Je leur répond qu'il est hors de question pour moi d'envoyer les sources haute définition de ma BD surtout pour qu'ils en tirent profit à ma place.

Voici leur réponse, accrochez-vous, c'est épique. Les annotations en rouges représentent mes réactions lors de la lecture du mail :

Soit ils sont complétement débiles soient ils prennent leurs interlocuteurs pour des pigeons sans cervelle. Personnellement, j'aurais tendance à penser qu'ils ont comme protocole de sniffer de la soupe de poisson déshydraté avant d’écrire un mail pour sortir des crétineries pareilles.

Le plus incroyable, c'est que sur leur site ils affichent une espèce charte du "commerce équitable de bande dessinée". Une charte du cul mal torché oué plutôt. Faire payer des comptes premium à des lecteurs tout en racontant des salades aux auteurs, c'est de la malhonnêteté mélangée à de la prise de risque juridique.

J'ai pu par la suite découvrir que le boss du site en question appliquait les 10 stratégies de manipulation des masses sur leur forum lorsque que j'ai commencé à essayer de discuter poliment du problème avec eux.

Entretemps, suite à mon différend avec eux, j'ai eu en privé quelques échos de nombreux problèmes internes au site en questions qui semblaient confirmer beaucoup des aprioris que j'avais commencé à avoir concernant l'équipe de bras cassés auxquels je faisait face.

Numéro 1 : La Start-up sous cocaïne

Bien avant que je diffuse ma BD sur internet, à l'époque où je montais mon projet, j'avais eu l'occasion lors d'un festival de BD de montrer mes planches à un éditeur qui fut alors prêt à me signer mon album après quelques discussions cordiales et intéressés. Le prix de la planche en avance sur droit était plutôt honnête et l'éditeur sympathique. Pour faire simple, et pour ne pas révéler le nom de cette personne, nous l’appellerons "Le Crabe".

Le Crabe donc me donna rendez-vous un vendredi après-midi, je prit l'avion que je payais de ma poche et me rendit chez l'éditeur. Et là le cauchemar commença. Le siège social de l'éditeur était une sorte de start-up qui semblait s'être installée dans un hall d'escalier où une vingtaines d'employés travaillaient les uns sur les autres mais avec personne pour accueillir et orienter les visiteurs. Un truc de ce genre mais avec bien plus de monde. Je demandais alors à l'un des employé où se trouvais Le Crabe, il répondit en rigolant que lui aussi il le cherchait et tous ses collègues se mirent alors à rire également... Je commençais à avoir la désagréable impression de me retrouver dans un mauvais film de David Lynch.
A force d'insister auprès de plusieurs personnes différentes pour rencontrer Le Crabe avec qui j'avais rendez-vous, on me dit de l'attendre en me trouvant un endroit où me mettre.

Courtois et patient, j'ai attendu plus de deux heures.

Après m'être suffisamment impatienté, et à force d'insister auprès de tous ceux qui passaient pour savoir où était la personne qui devait me recevoir, on m'informa que Le Crabe était le patron de la boite en question mais qu'il n'y mettait rarement les pieds car il était également chirurgien !
J'étais à bout de nerf, et les employés bien peu compatissants semblaient avoir autant de considération pour moi que qu'une vache pourrait en avoir pour l'une de ses bouse.

Je pris les devant en allant directement voir le responsable juridique de la boite afin d'avoir au moins un exemplaire du contrat qui m'était destiné. Deuxième surprise, le responsable en question m'apprit alors qu'il n'y avait pas d'avances sur droit et qu'il n'en serait jamais question (donc aucune rémunération pour mon travail avant la mise sur le marché de mon album alors qu'on m'avait promis l'inverse).
Il m'imprima alors un exemplaire du contrat qui était plutôt un manuel de l'arnaque pour petit éditeur sans scrupules. J'ai passé plus d'une heure à lire le contrat pour analyser tous les pièges qu'il contenaient et toutes les horribles choses dont il n'avait jamais été question dans les premières discussions. Vous ne me croirez peut être pas, mais quand je me suis mis à lire le contrat, l'un des employé à lancé sur son ordi la musique de la parade de DisneyLand sur les baffles, et les employés se mirent à chanter en cœur les paroles. Surréaliste... C'était peut être une méthode de management pour souder les employés, mais j'avais l'impression de me retrouver dans l'esprit malade d'un acteur de mascottes Disney sous cocaïne. Surtout que la musique en question dure presque une heure.

Mon niveau de colère intérieur devait être tel que je réussi à obtenir le numéro du domicile privé du Crabe auprès de cette fichue équipe éditoriale qui semblait énervée par le fait que j’eus l’outrecuidance de lire mon contrat.

Je quittais alors cet enfer, éprouvé par mon voyage et cette accumulation de déceptions et des situations grotesques et surréalistes. Je réussi à avoir l'épouse du Crabe via son numéro privé, mais Le Crabe restait injoignable.
Au milieu de la nuit, vers 2h du matin, je reçu alors un SMS de ce dernier "slt! désolé pour le RDV, on se voit demain?".

Comment décrire le rendez-vous qui eu lieu le lendemain dans un troquet. Hmm, l'ambiance y était plus glaciale que que dans un frigo oublié au pôle sud. Le Crabe m'a expliqué tout un tas d'âneries qui n’avaient plus rien à voir avec ses premiers discours. En plus de tous ça, il me dit qu'il était toujours prêt à m'éditer mais que c'était à moi de trouver les ressources financière auprès des banques ou d'autres structures capable de me payer.

Autant vous dire que l'on s'est quitté de cette façon :













Voilà, en l'état je sais que cette note de blog donne une vision assez lamentable du milieu, mais je rappelle que c'est le top des propositions éditoriales foireuses auxquelles j'ai été soumises. Il ne faut pas généraliser ces performances d'imbécilité au reste de la profession.
J'ai eu des échanges bien plus cordiaux est respectueux qui n'ont aboutis sur aucun contrat, mais au moins on n'avait pas tenté de m'endormir dès les premières discussions.

Beaucoup d'auteurs de BD manquent de vigilance et d'esprit critiques, ils sont tellement emballé à l'idée de "signer" qu'ils se précipitent sans réfléchir à la pérennité du projet. J'ai tellement d'affection pour ma BD et son univers que ça me rend très vigilant sur les conséquences d'un contrat, c'est surement ce qui m'a permis de ne pas tomber dans les premiers pièges tendus.

Il existe dans cette industrie des gens honnêtes et suffisamment passionnés par l'amour de la BD pour ne pas tomber dans les clichés ridicules que j'ai pu exposer. Néanmoins, sur un base d'une expérience personnelle et de celles de mes amis également auteur, l'éthique semble de plus en plus rare. J'ai pu remarqué qu'il était courant que l'éditeur se mette en situation d'être courtisé. La réciprocité des efforts entre les deux parties à fournir est rarement appliquée, c'est toujours l'éditeur qui fait revoir à l'auteur ses conditions et non l'inverse.

(constat personnel je rappelle)

Bonne soirée et à ce week-end pour une nouvelle note de blog.

(un nouvel épisode des Voisins du Chaos est dispo depuis vendredi !)